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Littératie numérique : Que signifie le concept pour vous?

Littératie numérique : Que signifie le concept pour vous?

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Dans le cadre du nouveau projet sur la littératie numérique de TEACH Magazine, nous avons demandé à nos lecteurs de définir le concept dans leurs propres mots. Éducateurs, bibliothécaires, administrateurs et directeurs ont répondu à l’appel pour nous expliquer le rôle que joue pour eux la littératie numérique.

Par David J. Rosen

D’un côté, la littératie numérique est synonyme de capacité à utiliser des ordinateurs, des multiphones, des tablettes électroniques et divers autres appareils accessibles sur le Web. De l’autre, il y a l’importance de savoir juger de la qualité de l’information donnée par voie électronique. Si la littératie se fait d’ordinaire au moyen de documents imprimés, la littératie numérique relève en revanche de ce qu’on lit ou de ce qu’on se fait lire au moyen d’un dispositif électronique. Enfin, le portrait ne saurait être complet sans d’excellentes compétences d’analyse, de synthèse et d’évaluation permettant de séparer le bon grain de l’ivraie.

À mon avis, la littératie numérique, c’est inciter à lire abondamment, à se tenir au courant de ce qui se passe, à savoir être critique vis-à-vis de l’information et des idées émises. C’est montrer qu’il faut réagir avec scepticisme, confiance et enthousiasme par rapport aux nouvelles technologies matérielles et logicielles. C’est aussi apprendre à être ouvert d’esprit, à se débrouiller avec la technologie et à accueillir sans réserve les évolutions parfois immenses des outils d’information et de communication.

La littératie numérique est aussi un amusement. Contrairement aux médias imprimés, le numérique nous ouvre la porte aux images et aux sons qui rehaussent la qualité des textes. Les magazines numériques devraient aussi agréables à regarder et à écouter qu’à lire. Ils devraient comporter un volet d’interactivité rendant possibles les échanges verbaux et écrits sur ce que nous lisons.

La littératie numérique ouvre la voie aux cours en ligne, aux classes d’été numériques et aux cercles d’étude en ligne. Nous sommes aussi de plus en plus nombreux à recourir au numérique pour apprendre de n’importe quel endroit à n’importe quel moment, et ce, à notre propre rythme avec des ressources didactiques de meilleure qualité et plus facilement accessibles.

David J. Rosen, docteur en éducation, est président des Newsome Associates à Jamaica Plain au Massachusetts. Il s’intéresse à l’intégration des technologies dans les classes d’éducation aux adultes, à l’utilisation de technologies pour l’apprentissage hors classe et à l’éducation et à l’emploi chez les jeunes qui ne fréquentent pas l’école. Il est conseiller pour la mise en application de Learner Web, un projet national de soutien à l’apprentissage des adultes.


Par Mudita Kundra

Chaque fois qu’il y a un terme à la mode dans le monde de l’éducation, c’est la course à la définition. Seulement dans les moteurs de recherche Internet, on obtient une liste d’au plus une trentaine de mots décrivant des termes tels que « littératie numérique », et ce, d’au moins une vingtaine de manières. La définition fondamentale de la littératie, elle, ne change pas : c’est la capacité de lire et d’écrire. Mais savoir lire et écrire dans un domaine donné veut dire être en mesure de maîtriser ce même domaine. Je souhaite définir la littératie numérique selon les divers contextes où on utilise le concept dans le monde de l’éducation. Je porte ici le chapeau d’éducatrice, d’étudiante diplômée et de demandeuse d’emploi.

À titre d’éducatrice, j’ai choisi un enseignement axé sur la littératie numérique dans mes cours de sciences au secondaire. J’ai utilisé des supports pédagogiques comme iClickers et des tableaux électroniques pour des activités interactives et des laboratoires virtuels. J’ai aussi utilisé le logiciel de gestion de notes MarkBook pour analyser les tendances chez chacun des élèves et pour des classes entières. Les outils pédagogiques en ligne tels que les wikis permettent aux « éducateurs numériques » comme moi de concevoir et de mettre à profit conjointement des ressources pour développer les facultés des jeunes.

Un élève ne doit pas s’en tenir à apprendre à utiliser la technologie pour être compétent avec cette dernière : il lui faut critiquer l’information recueillie. Dans un cadre numérique, l’élève est exposé à l’information sous forme électronique (articles, statistiques, vidéos). Il doit alors comprendre clairement que l’information pourrait être désuète, biaisée, fausse, illégale ou discriminatoire. Le programme provincial de l’Ontario, comme beaucoup d’autres, parle de transmettre des compétences propres au XXIe siècle, une description qui sied bien à la littératie numérique. Les éducateurs font évoluer l’enseignement en montrant aux élèves comment analyser objectivement l’information donnée.

La nécessité d’une telle évolution a été manifeste lors de ma maîtrise en sciences de l’éducation que j’ai récemment terminée à l’Université Johns Hopkins aux États-Unis. Les travaux donnés par les professeurs que j’ai eus mettaient en relief l’intégration des technologies. Et même si je m’y connaissais avec les bases de données électroniques comme ERIC, je dois dire que j’en ai beaucoup appris en matière de littératie numérique dans mon travail d’analyse documentaire à partir de bibliothèques numériques. Mon bagage de connaissances numériques ne cesse de s’étoffer.

Alors que je considérais en savoir déjà assez sur le plan numérique, je me suis de nouveau retrouvé en recherche d’emploi. Non seulement ai-je dû apprendre à chercher les offres d’emploi exigeant mes nouvelles compétences, mais j’ai aussi dû me familiariser avec le langage numérique requis par les postes offerts. On fait souvent une analyse préliminaire des demandes soumises par voie électronique, ce qui m’oblige à utiliser les mots-clés désirés dans mes lettres de présentation. Beaucoup d’emplois exigent également qu’on puisse mettre sur pied des cours sur le Web. Je n’ai donc pas fini d’acquérir des connaissances sur la littératie numérique et de parfaire mes compétences dans la sphère virtuelle.

La littératie, c’est certes la capacité de lire et d’écrire, mais c’est aussi la capacité de comprendre. C’est cette même compréhension qui m’a permis de m’instruire, d’avoir une culture scientifique, d’enseigner. C’est cette même compréhension qui m’a ouvert la porte au numérique et qui m’a incitée à apprendre et à employer des technologies pédagogiques pour l’enseignement et l’aide aux élèves, à chercher et à critiquer l’information et à toujours m’améliorer dans le monde de l’éducation d’aujourd’hui dominé par l’apprentissage en ligne.

Mudita Kundra est enseignante en sciences au secondaire et a déjà travaillé à Toronto. Ses études en chimie et son intérêt pour l’observation des étoiles l’ont incitée à faire une maîtrise à l’Université Johns Hopkins en enseignement des sciences de la Terre et de l’espace.

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